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En pratique

La déclaration de soupçon

Si vous savez, soupçonnez ou avez de bonnes raisons de soupçonner qu'une opération est liée à un délit puni de plus d'un an de prison, à une fraude fiscale ou au financement du terrorisme, vous devez la déclarer. La déclaration est confidentielle, et faite de bonne foi elle ne peut pas vous être reprochée.

  • Lecture 3 min
  • Mis à jour le 1er novembre 2026
  • Sourcé dans les textes

L'essentiel

  • Un soupçon suffit : vous n'avez ni à prouver, ni à qualifier l'infraction.
  • Elle passe par votre bâtonnier, jamais directement par Tracfin.
  • Déclarez avant d'exécuter l'opération lorsque c'est possible, sinon sans délai.
  • N'informez jamais le client : c'est un délit.

Quand déclarer

La déclaration porte sur les sommes ou opérations dont vous savez, soupçonnez ou avez de bonnes raisons de soupçonner qu'elles proviennent d'une infraction punie de plus d'un an d'emprisonnement, ou qu'elles participent au financement du terrorisme (art. L. 561-15 I). Les tentatives d'opération sont aussi à déclarer.

Pour la fraude fiscale, la déclaration s'impose lorsque au moins un des seize critères fixés par décret est présent : par exemple l'utilisation de sociétés écrans, des opérations incohérentes avec l'activité habituelle, le refus de justifier la provenance des fonds ou une transaction immobilière à un prix manifestement sous-évalué (art. L. 561-15 II et D. 561-32-1).

Avant ou après l'opération

Abstenez-vous d'exécuter l'opération suspecte tant que vous n'avez pas déclaré (art. L. 561-16) : Tracfin peut alors s'opposer à son exécution (art. L. 561-24). Si l'opération est déjà réalisée, ou si la reporter était impossible, déclarez sans délai.

Comment déclarer

Vous n'adressez jamais votre déclaration directement à Tracfin : vous la déposez sur ERMES à l'attention de votre bâtonnier, qui vérifie qu'elle entre dans le champ de la loi et la transmet à Tracfin dans un délai de huit jours francs (art. L. 561-17 et R. 561-32). Il ne se prononce pas sur votre doute. Comme fiduciaire, vous déclarez directement.

La déclaration identifie la personne, décrit précisément l'opération et sa date, et expose les éléments qui fondent le soupçon. Une déclaration incomplète peut être jugée irrecevable.

Confidentialité et protection

La déclaration est confidentielle : il est interdit d'en révéler l'existence ou le contenu au client ou à un tiers, sous peine de 22 500 € d'amende (art. L. 561-18 et L. 574-1). Elle ne peut pas non plus être donnée comme motif de rupture de la relation. Faite de bonne foi, elle ne peut fonder aucune poursuite pour violation du secret professionnel, ni aucune action en responsabilité contre vous (art. L. 561-22).

Dans votre métier

La consultation juridique et l'activité juridictionnelle sont exclues de la déclaration (art. L. 561-3 II), sauf si la consultation est fournie à des fins de blanchiment ou en le sachant. L'immunité attachée à la déclaration suppose qu'elle ait été transmise à Tracfin par le bâtonnier : c'est l'accusé de réception de Tracfin qui en atteste.

Avec VigiLexi

Rien de votre déclaration dans le logiciel

La déclaration de soupçon se fait sur ERMES, jamais dans VigiLexi. Pour préserver sa confidentialité, un commentaire qui mentionne Tracfin ne peut pas être enregistré au dossier.

Sources

  • Code monétaire et financier, art. L. 561-15, L. 561-16, L. 561-18, L. 561-22, L. 561-24, L. 574-1 et D. 561-32-1
  • Guide « Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », Conseil national des barreaux, septembre 2025, fiche n° 6

Mis à jour le 1er novembre 2026. Le règlement européen anti-blanchiment s'appliquera à partir du 10 juillet 2027 : cet article sera revu à cette date.

Animations simplifiées, à titre d'illustration. Cet article présente la réglementation de façon générale et ne remplace pas un conseil juridique.

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